En préparant mon voyage au Royaume‑Uni, j’ai voulu chercher quelques endroits naturels à visiter, et ai découvert les Areas of Outstanding Natural Beauty, des sortes de zones naturelles protégées. Au total, il y en a plus de 40 au Royaume-Uni, alors il faut choisir. J’avais entendu parler de Norwich, l’une des villes les plus septentrionales d’Angleterre, via les Monty Python, et je comptais déjà visiter les grottes de Dan Yr Ogof près d’Abertawe. Deux zones s’imposaient donc naturellement : les côtes de Norfolk, près de Norwich, et la péninsule de Gower, à quelques pas d’Abertawe, en Galles. En quelque sorte, un voyage d’est en ouest, puisque relier les deux nécessite plus d’une demi‑journée de train, avec un passage obligé par Londres.
Les Monty Python en monovoie
L’aire couverte par la zone naturelle de Norfolk est importante, il faut donc soit rester très longtemps, et aller de ville en ville, soit choisir une sous-zone limitée. Cette dernière option est rendue particulièrement accessible par la ligne de train reliant toutes les villes côtières.
Particularité de cette ligne : elle dispose de tronçons en mono-voie, avec un seul train effectuant des aller-retours toute la journée, puisque les trains ne peuvent ni se croiser ni se doubler. Il faut à peine moins d’une heure pour un train à parcourir la ligne dans un sens, il y a donc pour chaque gare un train toutes les deux heures seulement dans chaque sens.
Hormis le train – remarquable par lui-même, mais peut-être pas du goût de tous, il n’y avait néanmoins pas beaucoup à voir dans la zone que j’ai choisie, autour du parc de Felbrigg. Une grande forêt, un peu de plage, mais rien de spécifiquement exotique. La ville de Norwich a néanmoins quelques jolis bâtiments de brique et un imposant château. Cela illustre que parfois, en voyageant, on fait de mauvais choix ; pas forcément regrettables, mais des endroits qu’on ne recommanderait pas spécialement.
Hamlet, une Française et un sans-abri
Mais pas le temps d’être déçu ! Avant de poursuivre avec la zone naturelle des Galles, un détour par Londres s’impose. J’avais réservé une place pour voir Hamlet de Robert Hastie au théâtre, c’était donc l’occasion d’y rester quelques jours, dans une auberge pas si bonne à mon sens, mais dont on m’a vendu qu’il s’agissait d’une des meilleures de la ville. Celle qui m’a vendu, c’est une autre française, Félicitée, installée à Londres depuis plus de dix ans, et faisant le tour de toutes les auberges depuis plus d’un mois que son logement a été inondé.
En plus d’elle, tous ceux avec qui j’ai discuté m’ont confirmé la situation catastrophique du logement ici. Du moins, un sans-abri n’allait pas dire le contraire : « Les prix sont comme aux États-Unis, mais les salaires sont les mêmes qu’en Europe. » Je ne suis jamais allé au États-Unis, mais si j’en crois ce que l’on m’en a décrit, les Londoniens n’ont en effet aucune chance.
Comment me suis-je retrouvé à discuter avec un sans-abri ? À deux pas du théâtre, il y a une sorte de place, avec des jeux d’échecs. Je me suis arrêté après la pièce, pour une partie. C’est un endroit un peu à la marge, du moins le soir, où l’on trouve tant des gens à la rue qui ne trouvent pas le sommeil que des étudiants peut-être un peu éméchés, et ce jour-là un non-étudiant pas trop pressé de rentrer.
Et le théâtre ? C’était une très bonne pièce. À mon sens, elle illustre parfaitement ce qu’est la mise en scène : l’utilisation de tout ce qui n’est pas explicitement dans le texte (les rythmes, les intonations, les silences, etc) pour créer quelque chose. Je crois que c’est une bonne chose d’avoir relu le texte avant, autrement je ne sais pas comment il est possible de tout suivre.
Pour occuper le reste de la journée, j’ai visité les classiques de la ville : la tour de Londres avec les joyaux de la couronne, quelques parcs, et la City avec ses hauts bâtiments, où je me suis senti un peu plouc avec ma polaire parmi tous les costards bien taillés. Ce n’est pas souvent très intéressant d’écrire sur la ville, c’est… une ville ; je poserai peut-être quelques clichés au retour, puisqu’il est prévu que je repasse par Londres.
Abert… quoi ?
Au pays de Galles, on parle Anglais… mais pas que. Pour trouver une destination, il est donc particulièrement amusant de devoir connaître à la fois son nom anglais, et son nom gallois, parfois sans rapport aucun avec le premier. Par exemple, la ville de Swansea, sur la côte ouest, prend le nom gallois d’Abertawe.
Autour d’Abertawe, donc, il y a beaucoup de choses à voir : d’abord le parc national de la péninsule de Gower, avec un long itinéraire le long de la mer, et des falaises escarpées, ou qui finissent en pointe dans la mer. Le long de la route, on trouve également et un château historique du XIVe siècle, le château de Weobley. Un seul oui, parce que d’après le responsable du site, à qui j’ai demandé comment aller voir les autres châteaux, « il n’y a pas d’autres châteaux, juste de vieux tas de pierres » ; on ne saurait pas mieux décrire un château.
Le lendemain de la visite de la péninsule, direction les grottes et le parc jurassique (oui !) de Dan Yr Ogof. L’intérieur est très joli, avec des cascades d’eau le long des pierres, et il y a une mise en scène des premiers explorateurs, qui ont visiblement bien peiné pour accéder à la grotte. Malheureusement, l’endoit, peu éclairé, se prête peu aux photos. En exclusivité néanmoins, j’ai ramené une vidéo historique d’un dinosaure véritable ! Rien que pour cela, le Royaume-Uni le vaut bien !